ET SI LE DOUTE ETAIT UNE BONNE CHOSE?

“Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?” (‭‭Matthieu‬ ‭11:3)

Dans notre parcours chrétien, on nous dit souvent de croire… Presque aveuglément. La foi est la monnaie du royaume et le doute est l’ennemi dU chrétien.

Il est vrai qu’avoir la foi, c’est croire sans douter, mais pourrait-il être possible que le doute puisse aider votre foi à grandir ? Dans le livre “Le doute en chemin vers la foi : le voyage vers un christianisme confiant“, de Bobby Conway, Sean McDowell écrit dans la préface du livre : “Le doute ne doit pas nécessairement signifier la fin de la foi. En réalité, les doutes peuvent souvent être le moteur du développement d’une foi plus profonde et plus authentique.”

Je dis souvent aux gens de ne pas permettre à quiconque de leur dire de ne pas poser de questions, surtout en ce qui concerne leurs croyances. Dieu nous a faits des êtres rationnels pour une raison, nous ne pouvons tout simplement pas accepter d’être les yeux bandés au nom de la foi. Le christianisme est la vision du monde la plus rationnelle qui soit.

Nous avons accepté et donné pour acquis la foi que nous avons au point où elle semble presque sans importance dans notre vie quotidienne. Nous nous appelons chrétiens, mais nous ne vivons pas en chrétiens. Nous confessons Jésus, mais nous sommes incapables de vivre activement et précisément selon les normes qu’Il a établies. Pourquoi ? Je crois que c’est parce que nous sommes devenus tellement matérialistes et sécularistes que tout ce qui compte est ce que nous voyons.

Nous avons pris notre foi pour acquise et l’avons reléguée à l’étagère des émotions. Oui, il y a un élément d’émotion dans la foi, mais la foi ne se résume pas à l’émotion. Elle concerne la confiance, et la confiance repose sur des relations basées sur des faits. Le christianisme est basé sur des faits et ancré dans l’histoire. Dieu a montré à travers l’histoire qu’Il est digne de confiance.

Le doute est souvent vu comme le contraire de la foi. Lorsque vous doutez, on vous dit généralement que vous manquez de foi. Mais et si nos doutes étaient en réalité une plate-forme qui nous aidait à grandir dans la foi ?

Le doute, selon le Larousse, est le manque de certitude, un soupçon, une méfiance concernant la sincérité de quelqu’un, la véracité d’un fait ou la réalisation de quelque chose. En d’autres termes, avoir des doutes, c’est simplement poser des questions sur la vérité ou l’authenticité de quelque chose ou de quelqu’un.

Dans ma culture africaine, poser des questions sur certaines choses, en particulier sur les traditions ou les croyances, est souvent inacceptable. Je me souviens qu’à l’époque où mon fils était bébé, ma mère me donnait des directives et quand je demandais “pourquoi ?”, la réponse était souvent “c’est comme ça, point final !”

Malheureusement, ce n’est pas seulement dans la culture africaine que le doute ou les questions sont mal perçus. Même dans le christianisme, on nous dit souvent de ne pas poser de questions, mais simplement de croire. Lorsqu’on devient chrétien, il semble parfois que notre capacité de réflexion s’éteint.

Pourtant, et si nos doutes étaient en réalité quelque chose de bénéfique ? Et si les questions, les interrogations et les incertitudes étaient essentielles pour construire une foi solide et indestructible ? En parcourant la Bible, nous voyons que Dieu n’a pas peur de nos doutes, de nos questions, de nos incompréhensions ou de nos incertitudes. Au contraire, Il les accueille et y répond.

Prenez, par exemple, deux héros de Dieu : Gédéon et Jean-Baptiste. Lorsque l’ange de Dieu appelle Gédéon un vaillant héros, Gédéon réagit en exprimant ses doutes et ses inquiétudes. Il se demande pourquoi toutes ces difficultés sont survenues malgré la présence de l’Éternel. Il éprouve le besoin de certitudes et de repères. Il va même jusqu’à mettre Dieu à l’épreuve pour s’assurer de la vérité. Remarquez que Dieu ne réprimande pas Gédéon, mais au contraire, Il lui offre des preuves pour le réconforter et l’encourager.

Même Jean-Baptiste, qui a proclamé Jésus comme l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, a eu des moments de doute. Lorsqu’il est emprisonné sans raison apparente, il envoie ses disciples enquêter sur l’authenticité de Jésus. Oui, Jean-Baptiste, celui que Jésus a décrit comme le plus grand parmi les hommes nés de femme, a également eu ses moments de doute.

Il se peut que vous ayez aussi des doutes, et c’est parfaitement normal. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Dieu ne veut pas que vous mettiez votre cerveau en veille et que vous cessiez de réfléchir ou de poser des questions sur les choses qui vous préoccupent. Notre Dieu est si bon qu’Il nous invite à discuter et à rechercher la vérité.

Vos questions ne sont pas stupides, et vos doutes ne sont pas illégitimes. La bonne nouvelle, c’est que vous avez un Père céleste qui vous aime et qui détient toutes les réponses, même les plus insolites. Il veut vous les donner. Alors, approchez-vous de Lui, posez-Lui vos questions, exprimez vos doutes, et soyez assurés qu’Il vous accueillera et vous répondra. Ainsi, votre foi sera renforcée, et vous pourrez dire comme le psalmiste : “Quand j’ai réfléchi à cela pour comprendre, la tâche m’a paru bien difficile, jusqu’à ce que j’entre dans le sanctuaire de Dieu.” Psaumes 73:16-17a

Ainsi, que vous doutiez ou posiez des questions, sachez que cela peut être une étape vers une foi plus solide et plus profonde.”

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