JONAS DES TEMPS MODERNES

Jonas, c’est un homme très sincère, très vrai, très authentique. Son histoire nous montre surtout à quel point Dieu est un bon Père. Le verset qui dit : « Venez et plaidons » prend tout son sens avec lui. Dieu ne le cancel pas. Il discute avec lui.

Pour situer un peu : si tu n’as jamais lu son histoire, laisse-moi t’expliquer. Le monsieur, Dieu l’envoie prêcher à une nation ennemie, Ninive, pour les avertir que s’ils ne se repentent pas, ils vont périr. Mais le gars dit : non, c’est foutaise. En gros : “Eux-là ? Jamais. Seigneur, tu t’es trompé d’adresse.” Il préfère mourir que de prêcher à ces gens-là, donc il prend la fuite pour aller dans la direction opposée.

Là-bas, en pleine fuite, les choses se compliquent : tempête, panique, tirage au sort… et il finit par être jeté dans la mer et avalé par un grand poisson. Dans l’impasse, au fond du ventre du poisson, il prie, il demande pardon à Dieu, il promet d’obéir. Le poisson le recrache après trois jours, sur la terre ferme. Dieu lui reparle. Jonas se lève, il va, il prêche. Et là… choc : les gens se repentent. De l’empereur jusqu’aux animaux, tout le monde est en mode jeûne et sac.

Et lui, il se fâche. Il dit à Dieu en résumé : “Tu vois ? C’est exactement pour ça que je ne voulais pas venir. Je savais que tu es miséricordieux. Je savais que s’ils demandaient pardon, tu allais accepter. Et franchement, ces gens-là ne méritent pas ta grâce.”

Eh Jonas…

Dans sa bouderie, il sort de la ville, il se fabrique une petite cabane pour regarder ce que Dieu va faire. Dieu fait pousser une plante qui lui donne de l’ombre. Jonas est content, très content à cause de la plante. Puis Dieu fait venir un ver qui attaque la plante, elle sèche, le soleil tape, Jonas est en PLS. Il commence à se plaindre pour… la plante. “L’arbre, le pauvre arbre, bla-bla-bla…”

Et Dieu lui dit, en mode gros résumé Rachel :
“Donc toi, tu pleures pour un arbre qui a poussé hier et qui est mort aujourd’hui, mais tu refuses que je sauve une ville entière avec des milliers d’êtres humains qui ne savent même pas distinguer leur droite de leur gauche ?”

Ah Jonas, tu as mauvais fond même. Mais en vrai, on est comme lui. À tellement d’égards.

Comme lui, on préfère notre sanctification privée, notre image, notre confort, à des vies humaines qui se dirigent tout droit vers l’enfer. On refuse de parler de Jésus à certains. On préfère prêcher un évangile de bien-être : “Dieu va arranger ta vie, tes finances, ton mariage”, plutôt que de dire la vérité : “Repens-toi et crois à l’Évangile.”

Ou pire : on préfère ne rien dire du tout.

Trop sales. Trop gays. Trop adultères. Trop prostituées. Trop drogués. Trop occultes. Eux, Dieu peut pas les sauver. En fait, dans un coin sombre de notre cœur, on pense que Dieu ne doit pas les sauver. Ils sont trop mauvais. Ce sont des sorciers, des ritualistes, des abuseurs, des criminels. Qu’ils brûlent en enfer.

Et après, on dit avec un air très spirituel : “Jésus revient bientôt. Êtes-vous prêts ?”

Ah Jonas… sors de nos corps.

Parce que la vérité, c’est qu’avant d’être choqués par les Ninivites, on devrait être choqués par nous-mêmes. Nous aussi, nous étions ennemis de Dieu, étrangers à son alliance, morts dans nos péchés. Et pourtant, Dieu a envoyé un prophète bien plus grand que Jonas : Jésus.

Lui, il n’a pas fui la mission. Il a quitté le ciel pour venir dans notre Ninive à nous : notre monde violent, sale, injuste. Il a traversé la tempête de la colère de Dieu, il a passé trois jours “dans le ventre de la terre”, et il est ressorti vivant pour annoncer le pardon à ceux qui se repentent et croient.

Nous, les Ninivites modernes, nous avons été pardonnés. Et maintenant, nous réagissons comme Jonas face aux autres. Nous voulons une miséricorde sélective : grâce pour moi, justice pour eux. Compassion pour mon groupe, condamnation pour les autres.

Mais Dieu, lui, dit encore : “Moi, j’ai compassion.”
Compassion de la grande ville. Compassion des paumés. Compassion des pires. Compassion de ceux que tu as déjà catalogués comme irrécupérables.

Alors aujourd’hui, la vraie question, ce n’est pas seulement : “Est-ce que tu es prêt pour le retour de Jésus ?”
La vraie question, c’est : est-ce que tu es prêt à le laisser aimer les gens que toi, tu détestes ?
Est-ce que tu es prêt à aller vers ceux que tu juges “trop loin” pour la grâce ?
Est-ce que tu es prêt à prier pour eux au lieu de souhaiter leur enfer ?

Ah Jonas… sors de nos corps.

Enjoy Grâce 🤍

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